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Ghyslain Bertholon
Diachromes, Synchromes & Poézies
du 15 avril au 14 juin 2006
vernissage le 14 avril
Les diachromes de Ghyslain Bertholon sont des miroirs figés du flux continu d’images et de sons que nous offre la télévision. Conçus grâce à des dates et heures données par d’autres artistes (Opalka, Kawamata…) les diachromes sont d’abord des instantanées photographiques de ces moment T. Ghyslain Bertholon transforme cette image télévisuelle artistiquement arrêtée en vitrail déformé, objet cultuel traditionnel qui donne alors à la représentation de notre aujourd’hui une spiritualité édifiante. Placée dans un meuble démodé, cette image s’installe à nouveau dans un possible quotidien à la fois imaginé et confortablement archétypal. Les mots prononcés lors de la prise photographique servent alors de liant en se moulant dans la pierre ou les napperons dentelés.
Les synchromes transcendent la solitude du téléspectateur : l’acte de regarder la télévision devient communion. Ainsi, l’artiste accède à la communauté des regardeurs en réalisant une performance consistant à représenter le flux télévisuel en un dessin gigantesque. Ce moment privilégié de partage s’effectue paradoxalement dans une grande solitude : l’artiste s’enferme ainsi dans une salle, une journée entière, seul face à la télévision. Ce dispositif s’efface ensuite pour n’être plus que trace dessinée.
Les objets animalisés tels les trochés ou les balançoires d’enfants revisitées jouent a priori de nos codes. Ludiques, ces œuvres sont pourtant juste à peine décalées pour laisser planer un malaise. Les loups ainsi domestiqués gardent une inaccessibilité sauvage et les mobiles de mouettes démesurément grands donnent à l’espace de l’exposition des airs de rêves angoissés de grands enfants. Les Poézies rendent ainsi compte d’une réalité hallucinée. Si l’ironie mordante est une des clés de lecture de ce travail, sa tranquille assurance renforce notre déstabilisation ; toujours en lien avec l’autre (téléspectateurs, artistes, regardeurs), Ghyslain Bertholon pose la question du marquage du temps en utilisant les succédanés créés par l’humain pour pallier à ses défaillances existentielles.
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