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Thierry Brunet
Confortable
Vernissage le vendredi 28 janvier
Exposition du 29 janvier au 30 mars 2005
Thierry Brunet aime les expériences. De celles qui perturbent le regard et la logique. De celles qui obligent à se poser, à réfléchir, à prendre le temps. C'est ainsi qu'il a conçu toute une gamme d'objets à expérimenter. Des objets à la frontière des classifications.
L'ordre et le désordre sont les maîtres mots et trouvent résonance dans une série photographique présentant des Dentelles aux formes géométriques et éclatées.
L’image ayant servie de base pour la création du motif, est une vue du dessus d’un T-shirt posé à plat qui créé un module de base pour le développement de la dentelle.
Au cœur de l'exposition, une vidéo questionne l'insatisfaction en montrant un personnage créant un Coussin avec son drap car il n'est pas à son aise dans le lit puis dépliant le coussin parce qu'il a froid. Indéfiniment. Deux "sièges/poufs "shorty", reprenant la forme du caleçon porté dans la vidéo sont là pour s’asseoir confortablement devant le moniteur.
Une accumulation de T-shirts aux ouvertures munies de zips (manches et corps), assemblés en quinconce, jouxtent les photographies. Cette Répétition d'un objet quotidien revisité nous place devant l'inconfort d'un objet connu et pourtant inutilisable. La répétition est d'ailleurs l'une des données fondamentales de son travail : pour mieux asséner, dire vraiment. Faire lien aussi avec les autres éléments et concevoir un univers plastique cohérent.
Ailleurs, Suspension 2, présente des coussins décharnés qui se suspendent par leur propre poids dans l’équilibre des points de fixation. Construction mathématique, Cette suspension est perturbée par une cassure dans le rythme géométrique. Un coussin tombé au sol, fait le lien entre ce qu’il se passe au plafond et le sol chaotique. Car c'est le lieu, ici, qui est inconfortable, différent.
Thierry Brunet questionne notre société consumériste, toujours à la recherche de plus de confort. Ses propositions soulignent la vacuité de cette recherche et la perte de sens qui en résulte. La blancheur des objets renvoie à la transparence, à l'absence, comme si le confort ouaté trouvait là sa limite.
La Toile mal accrochée est un jeu de plus avec l'inconfort visant directement l'art contemporain. L’épaisseur d'un coussin, dépassant du châssis de la toile, empêche celle-ci de se poser contre le mur. L'objet d'art lui-même se trouve en fâcheuse situation.
Ces déplacements formels reposent la question même de ce que peut être réellement le confort, qu’il soit formel avec les objets usuels du quotidien qui nous entourent, ou mental dans les choix de notre confort intérieur.
La question du design entre en jeux dans ce no man’s land entre frustration, désir et mal être.
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