Stéphane Durand
Critique mais stable

Vernissage le vendredi 1er février à 18h30
Exposition du 2 février au 26 mars 2008

Le travail polymorphe de Stéphane Durand pose des questionnements portant aussi bien sur la scène de l’art que sur la société, par la mise en forme d’archétypes.
Par rebondissement et déplacement, son travail est à la fois sensible et critique.
Aussi des tableaux reproduisant ou interprétant les couvertures de revues artistiques connues, interrogent la représentation dans l’art, dans une incessante volonté de parution.
Ses oeuvres d’inspiration paysagère japonaise nous révèlent de façon délicatement
ironique, la pollution due aux activités humaines. Quant à ses installations in situ,
elles sont toujours intrinsèquement liées à nos usages voire à nos consommations :
des caddies hors contexte envahissent alors la Halle pour interroger frontalement la
société consumériste.

Mag Painting est une série qui introduit la question d’une peinture que l’on dit morte mais qui semble pourtant revenir de façon cyclique au devant de la scène et du marché. Elle questionne plus globalement le système dans lequel il se trouve lui-même, non seulement en tant qu’artiste mais aussi en tant que sujet contemporain : être ou trouver un sujet contemporain, faire actualité dans un mouvement de médiatisation et de publication qui semble devenu nécessaire pour justifier notre existence. Stéphane Durand se livre pour cette série à un jeu de reproduction, de manipulation d’une actualité artistique réelle ou réinventée. Par un glissement amusé, il transforme le statut d’une image de couverture sur papier glacé en estimable tableau.

NOx process est née d’un mécanisme d’apparition provoqué par l’artiste et révélé par l’environnement. Des motifs végétaux sont imprimés à la colle sur des toiles puis disposées sur des toits de voitures pour circuler en milieu urbain pendant plusieurs semaine. Les motifs sont ainsi révélés par les particules émises dans
l’atmosphère (ou est-ce l’atmosphère qui est indirectement révélé par l’oeuvre ?). Sans commentaire, il renverse pourtant ce mécanisme physique dans une figure poétique et manifeste d’autant plus une asphyxie latente des « fleurs d’un mal » que nous semblons ignorer.

L’installation in situ proposée par Stéphane Durand occupe l’espace principal de la Halle,
dérangeant l’accès aux autres salles et à la bibliothèque. Le camembert économique de caddies met ainsi en avant la surconsommation prenant le pas sur toute forme de réflexion.

Comment traduire une histoire à laquelle nous sommes censés participer ? C’est par rebondissement et déplacement que le travail de Stéphane Durand inscrit avec
poésie des questionnements dans un monde en situation critique … mais stable.

Plus de renseignements sur
http://www.stephanedurand.com

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